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Le sionisme, entre histoire et projection future

Et le droit à la résistance

En ce qui concerne la réalité du sionisme, il existe tout de même des évidences difficilement réfutables, dans sa genèse historique comme dans ses projections futures.

Historiquement, cette idéologie a toujours été conquérante et nuisible pour le peuple palestinien. Son caractère suprémaciste est fondamentalement resté le même. Croyant ou non, le Juif par ascendance a un droit sur cette terre, quelle que soit son origine. Les maires successifs de Jérusalem ont tous défendu, quelle que soit leur obédience politique, ce lieu comme étant la capitale indivisible de l’Etat d’Isarël. Le gouvernement actuel s’est-il vraiment radicalisé par rapport au passé ? Netanyahou – dont la politique de guerre est soutenue par plus de 80% des Israéliens – n’est pas plus terrible que Ben Gourion, dans la lunette de l’histoire du point de vue palestinien. Le nettoyage ethnique à Gaza comme la destruction des villages au sud Liban sont une version moderne de ce que fut la Nakba, version certes amplifiée par des armes de destruction plus sophistiquées, et une visibilité qui permet de mesurer l’étendue des horreurs perpétrées.

Pour ce qui est de sa projection dans le futur, le sionisme vise de plus en plus ouvertement l’établissement du Grand Israël. Et pour réaliser ce projet, Netanyahou n’a pas hésité à brandir en septembre 2024 à l’ONU deux cartes : l’une verte où Gaza et la Cisjordanie n’existent plus, appelée «La bénédiction» ; et l’autre en noir appelée «La malédiction» désignant «l'axe du mal» dirigé par l'Iran, incluant l'Irak, la Syrie, le Liban et le Yémen. Et cela n’est encore qu’une étape vers une nation à qui est promise les terres s’étendant du Nil à l’Euphrate. Messianisme que Netanyahou partage avec ses ministres d’extrême droite. 

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Dans sa genèse comme dans son projet, le sionisme ne peut s’imposer qu’en affaiblissant ses voisins ou en les asservissant par des alliances douteuses, confortées par la présence des bases américaines au Moyen-Orient, qui sont là moins pour protéger les pays arabes que pour défendre les intérêts vitaux de l’Etat hébreu.

Le sionisme ne peut assurer son expansion sans la guerre. Une paix réelle signifierait une délimitation définitive de ses frontières et le respect du «droit international». Exactement le contraire du processus qu’il a toujours engagé pour s’étendre et que Charles de Gaule a parfaitement décrit en 1967 : « Maintenant [Israël] organise sur les territoires qu'il a pris, l'occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsions, et il s'y manifeste contre lui une résistance qu'à son tour il qualifie de terrorisme. »

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 Processus qui se répète indéfiniment, et qui est rendu possible par le fait que la presse et les médias se focalisent sur les actes de légitime défense présentés comme des crimes terroristes, et oublient ou feignent d’oublier le vol des terres et la destruction des villages qui se poursuivent.

Ne pas omettre la dimension historique de ce drame, comme sa projection dans le futur, reste un préalable nécessaire à tout dialogue objectif sur la question palestinienne, et son droit à la résistance.

Hani Ramadan

Directeur du Centre Islamique de Genève

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