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Islam et engagement - Page 20

  • SERMON DU VENDREDI

    L'hégire et le sens de l'engagement

    L'Hégire - ivangelise

    En français

    cige.org/Sermons/HegireEtSensDeLengagement-f.mp3

    En arabe

    cige.org/Sermons/HegireEtSensDeLengagement-a.mp3

  • L’ombre de Dieu et Moïse

    Aujourd’hui, 9 juillet 2023, il fait très chaud, et l’on nous annonce quelques jours de canicule suivis d’orages.

     L’histoire du prophète Mûsâ (Moïse) — II

    Comme toujours, il y a ceux qui vont se plaindre de ce réchauffement jugé excessif, tout comme ils râlent quand il fait très froid.

    Mais il y a ceux pour qui tout phénomène naturel est une occasion de se rappeler l’essentiel : en se mettant à l’ombre et en goûtant la fraîcheur offerte ainsi par un arbre, ils ont conscience que c’est là un don du Créateur. Oui ! De Celui qui a créé le soleil, les plantes et leurs feuilles. A peine soulagés des rayons ardents et étouffants, ils louent Celui qui leur a offert ce répit bienfaisant.

    Et il en sera toujours ainsi : il y a ceux qui se mettent à l’ombre et pour qui la scène ne va pas au-delà, et il y a ceux pour qui tout est signe. Pour eux, éclairés par leur foi, chaque élément de la nature est un mot sur la page de nos vies qui renvoie à Dieu.

    J’en étais à cette réflexion lorsque me revint à l’esprit un épisode de la vie du Prophète Moïse – Dieu le couvre de paix –. Fuyant Pharaon, le noble Messager de Dieu arriva à Madyan. Là, il fut témoin d’une scène que rapporte le Coran en ces termes :

    « Et quand il fut arrivé au point d'eau de Madyan, il y trouva un attroupement de gens abreuvant [leurs bêtes] et il trouva aussi deux femmes se tenant à l'écart et retenant [leurs bêtes]. Il dit : "Que voulez-vous ? " Elles dirent : "Nous n'abreuverons que quand les bergers seront partis ; et notre père est fort âgé".
    Il abreuva [les bêtes] pour elles puis retourna à l'ombre et dit :

    "Mon Seigneur, j'ai grand besoin du bien que Tu feras descendre vers moi".
    Puis l'une des deux femmes vint à lui, d'une démarche timide, et lui dit:   "Mon père t'appelle pour te récompenser pour avoir abreuvé [les bêtes] pour nous". Et quand il fut venu auprès de lui et qu'il lui eut raconté son histoire, il (le vieillard) dit : "N'aie aucune crainte : tu as échappé aux gens injustes". L'une d'elles dit : "Ô mon père, engage-le [à ton service] moyennant salaire, car le meilleur à engager c'est celui qui est fort et digne de confiance".
    » (Coran, 28, 23-25)

    La tradition rapporte que cette dernière appréciation était due au fait que Moïse avait avec force soulevé pour elle la pierre qui obstruait un puits voisin – pierre qui ne pouvait être enlevée que par dix hommes ! – et que lorsque la jeune femme le devança afin de le conduire jusqu’à son père, le vent souleva sa jupe et découvrit ses jambes, si bien que Moïse se mit devant elle et lui demanda de lui indiquer le chemin. Raison pour laquelle elle jugea que l’homme méritait d’être engagé, pour sa force physique et sa probité morale. Récit qui aboutit effectivement à un mariage.

    En ce qui concerne l’invocation que fit Moïse lorsqu’il se mit à l’ombre, « Mon Seigneur, j'ai grand besoin du bien que Tu feras descendre vers moi », on peut comprendre que Moïse, fuyant et étant en voyage, avait besoin de nourriture. Mais on peut comprendre aussi, que cet homme exceptionnel qui allait être investi de la mission consistant à délivrer le Message éternel du monothéisme et à libérer les enfants d’Israël du joug de Pharaon, – que cet homme a eu l’intuition profonde, en présence de ces deux femmes, que là se trouvaient sa nouvelle famille et la conjointe qui restait la meilleure compagne pour un homme dans la force de son âge !

    Chaque fois donc, que, dans la chaleur de cet été, nous cherchons un ombrage bienfaisant, que cela soit pour nous l’occasion de méditer et nous rappeler la bonté du Créateur.

    Et de Le louer de tout notre cœur !

    Hani Ramadan

  • Quelques leçons turques au lendemain des élections

    Retour sur l’élection présidentielle turque qui a vu la victoire du président sortant Erdogan.

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    Les élections présidentielles en Turquie et la victoire de Recep Tayyip Erdogan ont mis en évidence des points qu’il est utile de relever :

    La presse occidentale s’est appliquée, en général, à présenter Erdogan comme un dictateur. Ses opposants, dont Kemal Kiliçdaroglu, n’ont pas hésité à reprendre cette rhétorique en affirmant qu’il était temps de revenir à la démocratie. Sans même avoir conscience du caractère paradoxal de cette position : on ne renverse pas une dictature par un vote.

    Par ailleurs, les résultats sont tels qu’il est difficile d’y déceler des fraudes. Rarement un processus électoral n’a été observé d’aussi près pour garantir le respect de la volonté populaire. Au premier tour, le score a donné Erdogan gagnant avec 49,5% des voix, contre 44,89% pour Kiliçdaroglu. Ce qui démontre que s’il y avait eu une volonté de tricher, le chef d’Etat aurait fait en sorte de triompher au premier tour. Quoi de plus facile, quand on est si près du but et qu’on détient soi-disant tous les pouvoirs ! Erdogan l’emportant avec 52,1 % des voix au second tour, voilà qui confirme une volonté de s’en remettre au choix du peuple.

    Il est à noter que rien ne révèle la santé démocratique d’un pays autant que la mobilisation de ses citoyens. Dans l’Hexagone, par exemple, on observe qu’au premier tour du scrutin présidentiel de 2022, 73,7% des Français sont montés aux urnes. Remarquons que l’abstention a atteint 46 % chez les 25-34 ans. En Turquie, l’engagement massif des électeurs fut impressionnant avec une participation qui a frôlé les 90% au premier tour, et dépassé les 85 % au second

    Je préviens les objections qui pourraient être faites : la démocratie ne se limite pas au suffrage, mais elle couvre un certain nombre de principes qui nous attachent aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales. Soit. Mais alors, il faut être clair : il faut dire qu’une tendance prédominante, en Occident, veut que la volonté populaire ne devienne crédible que si elle s’accorde avec la sensibilité des sociétés dites modernes, qui ont systématiquement écarté de l’espace public la référence aux normes transcendantes et aux valeurs traditionnelles.

    Il faut dire aussi que cette logique revient à fermer les yeux lorsqu’un coup d’Etat est fomenté en Egypte et que plus de 60 000 opposants, dont beaucoup d’élus, sont incarcérés, sans réaction concrète des chefs de gouvernements européens et étatsuniens.  À fermer les yeux lorsque le dictateur tunisien actuel retient en prison arbitrairement le président élu de l’Assemblée du peuple, Rached al-Ghannouchi, et s’arroge tous les pouvoirs. Il convient d’ajouter également que certaines dictatures arabes sont parfaitement fréquentables dans la mesure où elles assurent des bénéfices considérables dans des échanges commerciaux qui suffisent à excuser le reste.

    Hani Ramadan

    Directeur du Centre Islamique de Genève

    24Heures

    Opinion, L'invité

    31 mai 2023

    L’invité: Quelques leçons turques au lendemain du scrutin présidentiel | 24 heures