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L’homme en équilibre, au cœur des mondes

 Il y a des correspondances évidentes entre l’homme et son milieu naturel. L’homme est la synthèse de l’univers. On trouve en lui la terre, à partir de laquelle il a été créé[1].  

Une dimension céleste aussi, puisque Dieu lui a donné une âme. Et une part animale, qu’il partage avec les bêtes, et qu’il aurait tort d’ignorer. Parce qu’il n’est pas Dieu. Le Coran, réfutant la divinité de Jésus, affirme ainsi clairement : «Le Messie, fils de Marie, n'était qu'un Messager. Des Messagers sont passés avant lui. Et sa mère était une véridique. Et tous deux consommaient de la nourriture. Vois comme Nous leur expliquons les signes et puis vois comme ils se détournent ! » (Coran, 5, 75)

La sagesse, ce n’est donc pas de vivre en reniant complètement une part de nous-mêmes : tel individu perd son âme en menant une vie de débauche, où seuls les plaisirs matériels constituent le centre de ses intérêts ; tel autre décide de vivre dans un cloître en se contraignant au célibat. Mais le Prophète - que Dieu le couvre de Sa miséricorde - nous a cependant clairement indiqué qu’il faut nous écarter des excès et des extrêmes, en nous disant :

« Remémorez-vous souvent celle qui anéantit les plaisirs. » Il voulait dire : la mort (At-Tirmidhî) ; et en interdisant à sa communauté de pratiquer le monachisme.

La sagesse consiste donc à réaliser un équilibre salutaire entre l’ensemble des composantes de notre nature, et celui qui  nous en donne le meilleur exemple est le Prophète  lui-même.  Rien ne nous permet de mieux illustrer ce propos que le hadith suivant : Anas a dit : « Un groupe de trois hommes vint vers les maisons des épouses du Prophète , (les) interrogeant sur la dévotion du Prophète . Lorsqu’ils en furent informés, ils semblèrent la considérer de peu d’importance. Ils dirent : « Quelle place occupons-nous par rapport au Prophète, alors que Dieu lui a certes pardonné ses péchés passés et futurs ? » L’un d’entre eux déclara : « Quant à moi, je prierai la nuit sans interruption. » Un autre ajouta : « Moi, je jeûnerai tous les jours sans interruption. » Le troisième renchérit : « Moi, je m’écarterai des femmes et jamais je ne me marierai. » Le Prophète  Messager de Dieu  vint alors et demanda : « C’est vous qui avez dit telle et telle chose ? Par Dieu, je suis parmi vous celui qui craint le plus Dieu et qui Lui est le plus pieusement dévoué ; et cependant je jeûne et j’interromps le jeûne, je prie et je dors la nuit, et je prends des femmes pour épouses. Celui donc qui s’écarte de ma voie (sunna) ne fait pas partie des miens. » (Al-Bukhârî, Muslim)

On peut supposer, à partir de ce qui précède, qu’il doit exister des points de comparaisons nécessaires entre l’espèce humaine et les végétaux. Comme les plantes, nous nous nourrissons des produits de la terre et de l’eau qui constitue une part importante de notre organisme. Le verbe arabe anbata : faire croître (les plantes), dérivé du verbe nabata : pousser, germer, est utilisé dans le Coran à plusieurs reprises. Dieu rappelle les paroles que Nûh (Noé) dit à son peuple en les exhortant et en leur rappelant Ses multiples bienfaits : «Et Dieu vous a vraiment fait pousser (anbatakum) de la terre. Puis Il vous y fera retourner et Il vous en fera vraiment sortir.» (Coran, 71, 17-18)  La très belle expression dont se sert la Prophète Nûh souligne que la croissance des humains est comparable à la croissance des plantes, qui finiront par s’assécher pour revenir à la terre. Mais l’homme sera ressuscité pour être jugé.

 

D’autres versets du Coran évoquent les paroles de la mère de Marie, lorsque cette dernière vint au monde : « Je l’ai nommée Marie, et je la place, ainsi que sa descendance, sous Ta protection contre le diable banni. » Son Seigneur l’agréa alors du bon agrément, et la fit croître d’une bonne croissance (anbatahâ nabâtan hasanan).  (Dieu) confia la garde (de Marie) à Zacharie.» (Coran, 3, 36-37)  Marie, la mère de Jésus, bénéficia de la grâce divine et connut ainsi une belle croissance.

 


Hani Ramadan

 

Extrait de Méditations sur les plantes et les arbres,

 

à paraître in shâ Allah

 



[1] Pensons aux oligo-éléments indispensables au métabolisme de l’homme, comme le fer et l’iode, ce qui renforce encore l’idée de cette analogie.

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