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Valls : le mot de trop

Le ridicule n’a décidément pas de limite. Au nom de la liberté, il est question de restreindre la liberté des musulmanes, en les empêchant de s’habiller comme elles l’entendent. "Le voile est un asservissement de la femme", affirmait le ministre Valls, lelundi 4 avril, à l’occasion d'une table ronde sur « l'islamisme et le populisme ».

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Quelle misère intellectuelle ! Et d’ajouter : « Il faut faire la distinction entre ce qu'est un voile, un fichu porté par les femmes âgées, et la revendication d'un signe politique qui vient confronter la société française ». Il est donc question, pour Valls, de « confrontation » ! Autre aberration : le premier ministre a mis en garde « contre le message idéologique qui peut se dissimuler derrière le signe religieux ». Le voile, un signe politique et un message idéologique ? - Non, une prescription religieuse contre laquelle un ministre n’a en principe rien à dire. La laïcité de l’Etat qu’il représente lui impose ce devoir de réserve : ne pas blesser ses concitoyens en dénigrant leurs convictions, et surtout en remettant en cause le droit de pratiquer leur religion (article 18 de la Déclaration des droits de l’homme). La limite est ici franchie. Cet homme n’a-t-il donc pas conscience, en parlant de signe politique, mais aussi d’Etat de guerre en d’autres circonstances, que son langage peut être perçu comme un encouragement à agresser les musulmanes dans la rue?

Quant à la « philosophe féministe » Elisabeth Badinter, qui a appelé dans Le Monde au boycott des marques vendant des tenues islamiques, elle montre par là même qu’elle n’est ni une philosophe, ni une féministe authentique. Un vrai philosophe est ouvert à la différence. Une vraie féministe défend la liberté individuelle de toutes les femmes. Elle ne tombe jamais dans ce discours paradoxal qui consiste à faire comprendre aux autres qu’ils ne sont libres que d’être libres à notre façon.

Madame Badinter est prisonnière d’une forme de pensée unique qui confond liberté et permissivité, progrès et décadence, émancipation réelle et exploitation du corps féminin. Toutes les modes sont saluées en France : celles qui présentent les femmes à moitié nues dans les tenues les plus délirantes sont bienvenues. Mais il est essentiel, au nom de la sacro-sainte laïcité, de boycotter la mode dite « islamique », qui laisse supposer que l’on peut être voilée et bien dans sa peau, que l’on peut conjuguer pudeur et beauté.

Voilà ce qui dérange Madame Badinter, qui n’a aucune leçon de courage à donner aux musulmanes pratiquantes, tout simplement pratiquantes…

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