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Islam et engagement - Page 621

  • Spiritualité musulmane : Le chant de l'oiseau

    Existe-t-il une plus belle vérité ?
    Je revenais ce matin de la mosquée après avoir accompli la prière du matin. En me rendant au bord du quai, j’ai été frappé par la beauté mélodieuse du chant d’un oiseau haut perché quelque part dans les arbres. Trop souvent, le bruit de l’agitation journalière nous empêche d’être sensibles à la beauté des choses naturelles. Mais à l’aube, avant que le soleil ne se lève, il existe un moment magique où tout se révèle dans la transparence de l’être. Car tout a un sens, quand bien même ce sens nous échappe.
    Pour qui chantait cet oiseau, faisant écho à la récitation recueillie des imams ? A l’heure où beaucoup dorment encore ?
    Le Coran dit : « Nous avons accordé une grâce à David de Notre part. Ô montagnes et oiseaux, répétez avec lui (les louanges de Dieu) ! » (34,10) David récitant les Psaumes merveilleux et les prières sublimes que lui inspirait son Seigneur devait ainsi être accompagné par l’écho des montagnes et le chant des oiseaux !
    Adoration de toute la création, dont nous ne comprenons pas nous autres le langage secret : « Les sept cieux et la terre et ceux qui s’y trouvent célèbrent Sa gloire. Et il n’existe rien qui ne célèbre Sa gloire et Ses louanges. Mais vous ne comprenez pas leur façon de Le glorifier. Certes, c’est Lui qui est Indulgent et Très Pardonnant. » (Coran, 17, 44)
    Ce qui signifie que tous les êtres sont pareillement soumis à Dieu : de la plus infime particule de l’atome aux galaxies les plus éloignées, toute la création obéit à la loi divine, et rend grâce au Créateur.
    Aux êtres humains cependant a été donnée la liberté fondamentale de se soumettre ou de se rebeller : « Ne vois-tu pas que c’est devant Dieu que se prosternent tous ceux qui sont dans les cieux et tous ceux qui sont sur la terre, le soleil, la lune, les étoiles, les montagnes, les arbres, les animaux, ainsi que beaucoup d’hommes ? Il y en a aussi beaucoup qui méritent le châtiment. Et quiconque Dieu avilit, personne ne peut l’honorer. Dieu fait en vérité ce qu’Il veut. » (Coran, 22, 18)
    La dignité de l’homme réside dans sa soumission à Dieu. A ceux  qui ont choisi la rébellion ou l’indifférence, rejetant la religion naturelle, nous conseillons de laisser les vains discours et les spéculations oiseuses. Qu’ils fassent  ce simple exercice : qu’ils sortent une heure avant l’aube et qu’ils prêtent seulement une oreille attentive à ce qui se dit : Voici le chant des oiseaux. Où donc résonne la voix des hommes ?

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  • Ni agnosticisme, ni anthropomorphisme.

    Le précédent billet publié entre autres sur la question de la représentation de "Dieu à l'image de l'homme dans le christianisme" a amené des commentaires riches et intéressants. La théologie négative a notamment été évoquée : on ne peut finalement dire de Dieu que ce qu'Il n'est pas. Pour moi qui suis convaincu qu'il n'existe pas une expression du divin plus claire et évidente que ce qu'énonce la parole révélée, je vous invite à considérer avec attention ce passage coranique :

    "Rien ne Lui est identique, et Il est Celui qui entend et voit absolument (textuellement : l'Oyant, le Voyant)" (Coran, 42, 11)

    Extrait essentiel qui résume en quelques mots la doctrine de l'islam sur la connaissance que nous avons de Dieu, et qui écarte deux extrêmes : l'agnosticisme et l'anthropomorphisme. Si en effet nous cachions la seconde partie de ce verset, nous lirions seulement : "Rien ne lui est identique." Ce qui signifie que nous ne pourrions rien connaître de Lui. La connaissance humaine procède en effet par comparaison, classification des genres, distinction. Mais l'Un échappe à ce processus. Ce qui nous conduirait à l'agnosticisme. De Dieu, on ne peut rien dire. Point.

    Si à présent nous cachions la première partie, nous lirions seulement : "Il est Celui qui entend et voit absolument." Nous pourrions alors nous imaginer que Dieu voit et entend comme nous, avec un appareil visuel ou auditif semblable au nôtre. Ce serait tomber dans une forme d'anthropomorphisme.

    Mais notez le bien, le verset avance ensemble les deux propositions : de Dieu, je peux connaître les noms et les qualités suprêmes, et cependant, rien de cela n'est comparable aux éléments de la création.

    Ce verset, à mon sens, dépasse tout ce que la théologie négative a pu mettre en avant, par sa concision et le juste milieu qu'il définit.

    Songeons qu'il nous a été ainsi transmis par un homme illetré qui vécut au VIIe siècle, et qui n'est autre que le Prophète Muhammad.

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  • Micheline Calmy-Rey, à l'image d'une Suisse neutre, mais lucide

    On peut ne pas toujours être d’accord avec les prises de position de Madame Micheline Calmy-Rey, mais il faut reconnaître que cette dame est impressionnante par la lucidité politique dont elle fait preuve, et dont bien des dirigeants “ masculins ” feraient bien de s’inspirer !

     

    Lucidité politique lorsque l’on apprend que Berne n’a pas cessé de maintenir des liens discrets avec les élus palestiniens à Gaza. Or, depuis, les analyses des observateurs les plus crédibles se rejoignent pour dire que la situation de crise au Moyen Orient ne pourra jamais être résolue si l’on prétend réduire le Hamas à une organisation terroriste qu’il faut ignorer.

     

    Les choses sont plus ambiguës du côté de nos voisins français. Alors que Nicolas Sarkozy répète qu’il ne parlera pas “ avec des gens qui assassinent ”, Bernard Kouchner dit exactement le contraire : “ Bien sûr qu’il faut discuter avec le Hamas ! ” (Voir l’excellente analyse du célèbre journaliste Georges Malbrunot : Faut-il parler au Hamas ? La diplomatie française s’interroge, Le Figaro, 16-17 février 2008).

     

    Madame Micheline Calmy-Rey a également devancé tout le monde, lorsque depuis 2002, elle a clairement fait connaître son opinion sur l’indépendance nécessaire du Kosovo. Rappelons que c’est la Serbie de Milosevic qui a agressé cette région d’une manière catastrophique, entraînant le martyre des populations albanaises (une histoire récente que nous avons trop vite oubliée : 200 000 morts au moins, sans compter les viols et les violations répétées des droits humains). André Naef affirme avec raison : “ Quant à la Serbie, elle paie de l’amputation d’une partie de son territoire le prix d’une guerre dont elle est en très grande partie responsable. ” (L’indépendance, la moins mauvaise des solutions, Tribune de Genève, courrier des lecteurs, 28 février 2008).

     

    Le pas décisif de la reconnaissance du Kosovo a été franchi en Suisse, sous l’impulsion de Madame Micheline Calmy-Rey. Seule cette reconnaissance peut assurer la stabilité des Balkans, et notre ex-Présidente l’avait pressenti bien avant ses collègues.

     

    Lire à ce sujet le billet intitulé La Suisse doit reconnaître le Kosovo 

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