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Quand l’athéisme se nourrit de ses sophismes

Lettre ouverte  à Michel Onfray pour Jean Soler

Et quand bien même mille aveugles viendraient te dire que le soleil n’existe pas…Il faut les plaindre, mais non point fermer les yeux.

Cher Monsieur,

Je doute que vous accordiez une réelle importance au courrier que je vous fais, daignant descendre des hauteurs de la célébrité médiatique dont vous bénéficiez en vertu de votre athéisme affiché, pour tenir compte des remarques ci-après. J’estime cependant qu’il est nécessaire de mettre en évidence que votre parti n’est pas celui d’une rationalité saine, ni d’une objectivité historique sereine, mais d’une ignorance crasse.

Vous avez, dans Le Point du 7 juin 2012, exprimé votre admiration pour les thèses de Jean Soler, qui dans son dernier livre « Qui est Dieu ? » s’applique, entre autre, à remettre en cause des idées reçues, démontrant que la religion juive serait « monolâtrique » et non monothéiste ; que la Bible n’est pas porteuse d’une morale universelle ; et que son Dieu est « ethnique, national, identitaire. »

En fait, tout l’argumentaire de Jean Soler repose sur une erreur initiale de méthodologie. La Bible, cela est évident et nous n’avons pas attendu vos commentaires pour le savoir, comprend de multiples incohérences, parce que la Tora et l’Evangile ont été touchés et repris par la main des scribes. La Bible est une œuvre qui a été recomposée sur une durée de dix siècles. Nous n’avons plus les originaux, mais en dehors de récits largement interprétés, il reste quelques bribes authentiques qui témoignent de ce que fut ce message prodigieux adressé aux hommes par l’entremise de Moïse et de Jésus. Lire les dix commandements et le sermon sur la montagne, et ne pas percevoir dans cette parole une lumière d’une portée universelle, c’est se montrer singulièrement aveugle.

Cependant, on ne juge pas d’un original en analysant un faux.  Et Jean Soler peut bien s’évertuer autant qu’il le voudra à nous dire que ce qui est faux est faux, sa réflexion ainsi que la  vôtre ne dépasse pas ce pur sophisme. On tourne en rond, pour se confiner dans la circularité étroitement bornée de l’athéisme qui se nourrit, a priori et hors sujet, de ses propres convictions.

Et l’original, me direz-vous ? De toute la tradition abrahamique, la seule Révélation qui ait été entièrement conservée dans sa langue première, est le Coran.

De ce livre, on retient de façon claire :

-         D’abord que le monothéisme constitue le message universel de tous les prophètes, contre l’idolâtrie et la négation.

-         Ensuite que ce message  s’adresse à tous les peuples.

-         Enfin, que la pensée tribale est nuisible à l’ensemble de l’humanité.

Que vous le vouliez ou non, le matérialisme comme l’athéisme nous offrent une perspective dégradante, propre à la misère de l’homme sans Dieu.

Quel Dieu ?

Je vous accorde la question, encore faudrait-il entendre la réponse.

 

Hani Ramadan

Directeur du Centre Islamique de Genève

 

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