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Islam et engagement - Page 615

  • COMMENTAIRE D'UNE SOURATE DU CORAN

    Le Figuier (at-tîn)

     

     

    Voici le commentaire d’une sourate du Coran, Le Figuier. Je propose à chacun d’en méditer le sens et de s’interroger sur son caractère universel :

     

    Au nom de Dieu, le Très Miséricordieux, le Tout Miséricordieux

     

    1. Par le figuier et par l’olivier !
    2. Et par le Mont Sinaï !
    3. Et par cette Cité sûre !
    4. Nous avons certes créé l’homme dans la meilleure forme,
    5. Puis Nous l’avons ramené au niveau le plus bas.
    6. Sauf ceux qui ont cru et accompli les bonnes œuvres : ils auront une récompense jamais interrompue.
    7. Après cela, qu’est-ce donc qui te fait traiter la rétribution de mensonge ?
    8. Dieu n’est-Il pas le plus équitable des juges ?

     

    Sens des expressions et explications

    1. Par le figuier et par l’olivier ! Deux arbres bénis, ou le fruit de ces arbres, selon Mujâhid. Allusion à la prophétie de Jésus au Mont des Oliviers.
    2. Et par le Mont Sinaï ! Lieu béni où Dieu parla à Moïse.
    3. Et par cette Cité sûre ! La Mecque, territoire sacré où il est interdit de combattre. Allusion à la prophétie de Muhammad, qui y reçut les premières paroles révélées du Coran.
    4. Nous avons certes créé l’homme dans la meilleure forme. Deuxième partie du serment divin, dans le sens : Je jure par le figuier, l’olivier, le Mont Sinaï, et cette Cité sûre que J’ai créé l’homme dans la meilleure forme. Taqwîm : forme, stature. L’homme est doté de la station verticale, et d’une disposition harmonieuse de ses membres. Le terme renvoie, selon Ar-Râghib, aux facultés qui distinguent l’homme de l’ensemble du règne animal : son intelligence, sa compréhension, la station verticale qui indiquent sa vocation de dominer tout ce que comprend l’univers. Le terme a aussi été interprété dans le sens des qualités morales : l’homme est doté des plus hautes vertus.
    5. Puis Nous l’avons ramené au niveau le plus bas. Expression qui peut s’entendre au niveau physique, et qui renvoie à la faiblesse du corps et à la sénilité ; mais également au niveau spirituel, en ce sens que la créature que Dieu a conçue noble peut trahir sa mission et tomber dans la déchéance morale. Une interprétation indique que le plus bas niveau désigne l’Enfer.. Confirmant la première explication que nous avons donnée, le Coran dit ailleurs : “ Celui à qui Nous accordons une longue vie, Nous inversons en lui le processus de la création. Ne comprendront-ils donc pas ? ” (Coran, 36, 68)
    6. Sauf ceux qui ont cru et accompli les bonnes œuvres : ils auront une récompense jamais interrompue : le Paradis. Ou bien : malgré la vieillesse, ils continueront à être récompensés. Le Prophète a dit en ce sens dans une tradition authentique : “ Lorsque l’adorateur est en voyage ou est malade, Dieu continue à inscrire en sa faveur l’équivalent des bonnes actions qu’il accomplit normalement lorsqu’il est résident et bien portant. ” Ce principe est aussi valable pour le croyant qui est atteint de sénilité. Après cela, qu’est-ce donc qui te fait traiter la rétribution de mensonge ? En considérant la condition humaine, les obligations morales de l’homme et la fin vers laquelle il tend de façon inéluctable, qu’est-ce donc qui te conduit, toi l’être humain, à considérer que le Jugement dernier est un mensonge ? Selon certains interprètes, Dieu interpelle à la deuxième personne le négateur, et Il ne s’adresse pas ici directement au Prophète.
    7. Dieu n’est-Il pas le plus équitable des juges ? Ce verset introduit un autre argument qui prouve que le Jugement dernier est vérité : Comment en effet imaginer qu’un Dieu juste accepte que l’existence des hommes finisse sans que chacun soit rétribué selon ses œuvres ? Cela signifierait que l’homme de bien et le criminel seraient pareillement conduit à la mort, sans avoir à rendre d’autres comptes. Parce que Dieu est le plus équitable des juges, le Jugement dernier se fera.

    Quelques enseignements :

    • Al-Barâ’ Ibn ‘Âzib a dit : “ Le Prophète lisait en voyage dans l’un des deux cycles de prière (la sourate) :“ Par le figuier et par l’olivier ! ” Et je n’ai entendu personne qui eût une voix ou une lecture plus belles ! ” (Rapporté par Al-Bukhârî, Muslim)
    • L’homme est une créature digne qui ne conserve sa dignité que dans la foi et l’action.
    • La foi permet à l’homme de voir le bénéfice de ses œuvres perdurer au-delà de sa faiblesse due à l’âge.
    • Le Coran désigne le figuier et l’olivier : signe certain que ces aliments sont sains et utiles à l’homme. Il est donc recommandé d’en répandre la culture et d’en consommer.
    • L’Islam est la religion universelle enseignée par l’ensemble des Prophètes. Les trois premiers versets nous renvoient ainsi à différentes phases de l’histoire des Messagers : l’olivier fait référence à Jésus. Le Mont Sinaï renvoie à Moïse. La Cité sûre à Muhammad . Qu’en est-il du figuier ? Muhammad Hamidullah affirme : “ Généralement, on l’applique au pays d’Abraham, mais sans raisons convaincantes. Si l’on y voyait la figue sauvage, ficus religiosa, on reconnaîtrait Gautama Bouddha, et son arbre Boudi. ” En d’autres termes, Bouddha a peut être été un Prophète : c’est en effet sous un figuier sauvage qu’il aurait reçu l’illumination…
    • On trouve dans la Bible un passage qui évoque également des lieux sacrés : “ Le Seigneur est venu du Sinaï, pour eux, il s’est levé à l’horizon du côté de Séïr, il a resplendi depuis le mont de Parân. ” (Deutéronome, 33, 2) A quoi renvoie ce mont Parân évoqué dans la Bible ? Au lieu même où Hâjar aperçut un puits et sauva ainsi son enfant Ismaël, qui allait mourir de soif, c’est-à-dire La Mecque : “ Dieu fut avec le garçon qui grandit et habita au désert. C’était un tireur d’arc ; il habita dans le désert de Parân… ” (Genèse, 21, 20-21)
  • La mère en Islam

    Dieu a enjoint à l’homme d’être bon envers ses père et mère. On trouve cette prescription dans plusieurs passages du Coran :

    “ Ton Seigneur a décrété que vous n’adoriez que Lui. Il a prescrit la bonté à l’égard de vos père et mère. Si l’un d’entre eux ou bien tous les deux ont atteint la vieillesse près de toi, ne leur dis pas : “Fi !” Ne les repousse pas, adresse-leur des paroles généreuses. Incline vers eux, avec bonté, l’aile de la tendresse et dis : “Mon Seigneur ! Sois miséricordieux envers eux, comme ils l’ont été envers moi, lorsqu’ils m’ont élevé quand j’étais un enfant.” ” Coran 17/23-24

    On remarque dans d’autres versets que cette recommandation est orientée surtout vers la mère :

    “ Nous avons recommandé à l’homme, au sujet de ses père et mère – sa mère l’a porté extrêmement faible et il a été sevré au bout de deux ans – : Sois reconnaissant envers Moi et envers tes parents. Le retour se fera vers Moi. ” Coran 31/14

    “ Nous avons recommandé à l’homme la bonté envers ses père et mère. Sa mère l’a porté et l’a enfanté avec peine. Depuis le moment où elle l’a porté, jusqu’à l’époque de son sevrage, trente mois se sont écoulés. ” Coran 46/15

    D’après Abû Hurayra, un homme vint trouver le Prophète  et lui demanda : “ Ô Messager de Dieu, qui mérite le plus (parmi les gens) que je sois pour lui un bon compagnon ? ” Il répondit : “ Ta mère. ” L’homme reprit : “ Puis qui ensuite ? ” Le Prophète répondit : “ Ta mère. ” Il reprit : “ Puis qui ensuite ? ” Le Prophète répondit : “ Ta mère. ” Il reprit encore : “ Puis qui ensuite ? ” Le Prophète répondit : “ Ton père. ” (Al-Bukhârî et Muslim)

    Et d’après Al-Mughîra, le Prophète  a dit : “ Dieu vous a interdit la désobéissance aux mères, le refus de payer vos dettes, la trop fréquente sollicitation (le fait de dire toujours : “ donne ! ”) et l’ensevelissement des filles vivantes (pratique païenne condamnée et abolie par l'Islam). ” (Al-Bukhârî)

    Quelle civilisation peut aujourd’hui se vanter d’accorder une telle importance à la source de l’amour le plus authentique et le plus vrai, - à nos mères ? …

  • SAGESSE MUSULMANE : NOTRE PAUVRETE ESSENTIELLE

    Ibn ‘Atâ’i -Llâh a dit dans l’une de ses sagesses : “ Rien ne peut permettre que ta demande soit exaucée autant que l’état de nécessité (idtirâr), et rien ne conduit diligemment à toi les dons de Dieu, autant que l’humilité et le sentiment de ta pauvreté essentielle. ”

    Sagesse dont la signification est immense et universelle. La situation la plus propice pour l’adorateur est celle où il se voit dépourvu de toute force et où il prend conscience de sa faiblesse. Il sait que nul ne peut lui venir en aide, sinon Dieu. Alors, sa demande est bien prête d’être exaucée. Dieu dit en effet dans le Coran qu’Il : “ répond à celui qui est dans le besoin (mudtarr) quand il L’invoque. ” (Coran, 27, 62) L’idtirâr, de la même racine que mudtarr, désigne l’état de l’indigent, du nécessiteux ou encore de l’homme qui vit une situation de détresse.

    Une illustration historique de cette vérité peut être évoquée ici : la bataille de Badr. Les croyants se retrouvèrent en effet en petit nombre devant une armée de polythéistes supérieure en effectifs, en montures et en armes. Le Prophète passa sa nuit à invoquer le Créateur. Les monothéistes, secourus par Dieu, finirent par l’emporter. Le Coran affirme en effet : “ Dieu vous a certes donné la victoire, à Badr, alors que vous étiez humiliés. Craignez donc Dieu, peut-être seriez-vous reconnaissants ! ” (Coran, 3, 123)

    Le Prophète dit un jour à son Compagnon Abû Mûsâ : “ T’indiquerais-je un trésor parmi les trésors du Paradis ? ” Ce dernier répondit : “ Si, bien sûr, ô Messager de Dieu !” Le Prophète déclara : “ Il n’est de puissance et de force qu’en Dieu. ” (Tradition rapportée par Al-Bukhârî et Muslim.) Ce qui signifie qu’il est particulièrement recommandé de répéter cette parole : “ hawla wa lâ quwwata illâ bi -Llâh ”, et que les croyants seront pleinement récompensés pour avoir agi de la sorte.

    Il est plus recommandé encore d’en vivre le sens de façon intense, en sachant que quel que soit notre état d’indigence ou d’aisance, nous dépendons entièrement de notre Créateur, et nous ne disposons d’aucune ressource sans Son aide continue.

    Mais pour en avoir pleinement conscience, il faut être en mesure de voir derrière les choses, le Créateur de toute chose ; au-delà de cette vie, une autre vie ; et par delà le temps bref de notre existence, l’Eternité.